lundi, 01 décembre 2025 21:58

Congélation d’ovocytes en France

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Délais record pour congeler ses ovocytes en France. Délais record pour congeler ses ovocytes en France. photo : Pixabay / licence Pixabay

La demande d’autoconservation d’ovocytes progresse chaque année depuis l’entrée en vigueur de la loi de 2021. Elle concerne un nombre croissant de femmes qui souhaitent préserver leurs chances de grossesse future. Pour comprendre ce phénomène, il suffit d’examiner trois éléments majeurs. La croissance rapide des demandes, la saturation des centres publics et les démarches complexes engagées par certaines femmes pour contourner ces obstacles.

 Les chiffres en forte augmentation

Plus de 42 000 premières demandes de consultation ont été enregistrées par l’Agence de la biomédecine depuis 2021. Les Françaises deviennent mères plus tard et cherchent à anticiper la baisse naturelle de fertilité. En Ile-de-France, les 16 centres habilités ne proposent plus ni rendez-vous ni possibilité d’inscription sur une liste d’attente. La région représente 54 % des demandes nationales, créant un encombrement massif.

Les constats transmis par les professionnels

Selon l’enquête réalisée en février par Dounia Boutaleb, cofondatrice de WoMa Health, « sur les 42 centres français que nous avons contactés, il faut attendre en moyenne 17 mois pour obtenir un simple rendez-vous d’information. Un chiffre qui grimpe à 24 mois dans 50 % des centres ». Elle précise également que « après le rendez-vous, il y a de nouveau un délai de 12 à 18 mois pour pouvoir réaliser la ponction ».
Le temps d’attente total atteint ainsi environ 36 mois.

Tableau récapitulatif des délais

ÉtapeDurée moyenneSource
Rendez-vous d’information 17 mois Enquête WoMa Health
Rendez-vous dans 50 % des centres 24 mois Enquête WoMa Health
Délai avant la ponction 12 à 18 mois Enquête WoMa Health
Total estimé env. 36 mois Données cumulées

Stratégies de femmes comme Nelly ou Solène pour obtenir la procédure

Utilisation d’une adresse secondaire

Nelly, 32 ans, réside à Paris et n’a obtenu aucune réponse positive en Ile-de-France. Elle se tourne vers Reims, sa ville d’origine. L’hôpital local refusait pourtant les profils extérieurs, car il avait été « envahi par les candidatures de Parisiennes après le Covid ». L’enquête de WoMa Health confirme que « 85 % des centres refusent de prendre des femmes qui ne résident pas dans la région ».

Pour poursuivre la procédure, elle modifie son adresse sur le site d’Ameli. Elle décrit l’opération comme simple, expliquant que « c’est très simple de changer l’adresse de la carte Vitale ». Elle doit ensuite répondre à plusieurs questions administratives pour valider sa situation.

Décisions de partir à l’étranger

Solène, 33 ans, renonce aux démarches franciliennes et choisit l’Espagne après avoir rencontré une femme ayant effectué sa congélation dans ce pays. Leila, 31 ans, suit la même voie en 2024 après divers refus et après que sa gynécologue lui a conseillé de se « mettre en couple » pour faire « un enfant naturellement ».

Comparaison des dépenses

En France, l’Assurance maladie prend intégralement en charge l’autoconservation des gamètes. À l’étranger, ce remboursement n’est que partiel. En Espagne, une Française doit généralement payer environ 1 000 euros au minimum. Dans la clinique citée par WoMa Health, le coût exact est de 2 800 euros, auxquels s’ajoutent 200 euros par an pour le renouvellement de conservation. Sur cette somme, 1 970 euros sont remboursés par la Sécurité sociale française.

Ces montants créent une inégalité réelle entre les femmes pouvant financer ces démarches et celles qui ne le peuvent pas.

Témoignages sur l’accès financier

Leila explique qu’elle possède des revenus lui permettant de régler plusieurs ponctions. Solène, de son côté, doit en réaliser une seconde, la première n’ayant pas donné d’ovocytes de qualité suffisante. Elle souligne que « il faut prendre en compte le fait que ça peut ne pas fonctionner ».

Un constat marqué par la saturation et les solutions alternatives

Depuis 2021, l’accès à la congélation d’ovocytes s’est élargi sur le plan légal, mais reste limité sur le plan pratique en raison du manque de capacités dans les centres français. Les délais moyens avoisinant trois ans poussent certaines femmes à adapter leur adresse ou à choisir des cliniques étrangères. La loi autorise en théorie toutes les femmes de 29 à 37 ans à conserver leurs ovocytes, mais la réalité révèle des obstacles administratifs, logistiques et financiers persistants.

Source: 20 Minutes