lundi, 08 septembre 2025 17:29

Procès de Frédéric Péchier à Besançon pour 30 empoisonnements

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Frédéric Péchier lors de son procès à Besançon en septembre 2025 Frédéric Péchier lors de son procès à Besançon en septembre 2025 Pixabay/ photo d'illustration

Le procès très attendu de l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier s’est ouvert ce lundi 8 septembre devant la cour d’assises du Doubs. Il est accusé d’avoir commis 30 empoisonnements entre 2008 et 2017, dont 12 mortels, dans deux cliniques privées de Besançon. Plus de 150 parties civiles, soutenues par près de 50 avocats, sont constituées. Le verdict est attendu le 19 décembre.

Parmi les éléments marquants de ce procès

  • 30 patients concernés, âgés de 4 à 89 ans

  • 12 décès recensés

  • 150 parties civiles présentes

  • 2 cliniques impliquées : Saint-Vincent et Jean-Minjoz

Frédéric Péchier et les accusations d’empoisonnement

Le médecin est soupçonné d’avoir contaminé des poches de perfusion avec des substances létales, notamment du potassium, provoquant des arrêts cardiaques. Selon l’accusation, il intervenait ensuite pour réanimer les patients et démontrer ses compétences face à ses collègues. L’ancien procureur de la République de Besançon, Étienne Manteaux, avait décrit « un professionnel de santé particulièrement habile qui a agi lorsque personne ne se trouvait dans les salles d’anesthésie et qui a su varier dans le temps la nature des poisons administrés pour ne pas éveiller les soupçons ».

Sandra Simard et Jean-Claude Gandon, deux cas emblématiques

Parmi les dossiers examinés figure celui de Sandra Simard, âgée de 36 ans en janvier 2017. Elle a fait un arrêt cardiaque au cours d’une intervention à la clinique Saint-Vincent. Une dose mortelle de potassium avait été retrouvée dans une poche utilisée pour son anesthésie. Elle a survécu.

Jean-Claude Gandon, âgé de 70 ans, est la dernière victime connue. Contrairement à la plupart des cas, il avait été anesthésié directement par Frédéric Péchier. Il a lui aussi pu être réanimé après un arrêt cardiaque. Ces deux situations ont renforcé les soupçons des enquêteurs et conduit à la mise en examen du médecin en mars 2017.

Une défense menée par Randall Schwerdorffer et Lee Takhedmit

Les avocats de l’accusé, Randall Schwerdorffer et Lee Takhedmit, contestent la solidité du dossier. Selon eux, l’instruction a été menée « exclusivement à charge ». Ils plaident l’acquittement, affirmant que l’accusation repose sur des déductions et non sur des preuves formelles. Dans le livre Le temps qu’il lui reste de la journaliste Plana Radenovic, publié quatre jours avant l’ouverture du procès, la stratégie de la défense est détaillée : montrer qu’aucune autre piste n’a été explorée par les juges.

Frédéric Péchier, qui a toujours nié les faits, a déclaré à BFMTV : « Il faut que j’aille me battre une dernière fois, que cela se termine. Je ne suis pas fatigué, je ne suis pas énervé, je veux que les gens écoutent pour une fois ! ». Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité mais n’a jamais été incarcéré depuis le début de l’affaire, étant placé sous contrôle judiciaire.

Un procès hors norme dans les annales judiciaires françaises

L’affaire est qualifiée par les magistrats de "sans équivalent dans les annales judiciaires françaises". Le déroulement s’étendra sur plusieurs semaines, d’abord consacré aux cas les plus récents, avant de remonter jusqu’aux premiers signalements de 2008. Les témoignages des victimes et des familles, ainsi que les expertises médicales, seront au cœur des débats.

Ce procès-fleuve, suivi de près par les médias et les observateurs judiciaires, devrait durer plus de trois mois. La décision finale du jury est attendue le 19 décembre, marquant l’issue d’une enquête ouverte il y a huit ans et qui a bouleversé le milieu médical de Besançon.

Source: FRANCE 24