Parmi les points clés annoncés:
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Déficit public visé à 3 % du PIB en 2029
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Effort budgétaire réparti à 75 % sur la dépense publique et à 25 % sur la fiscalité
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Prévision de croissance relevée à 0,7 % pour 2025
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Nouvelle trajectoire budgétaire en préparation par Sébastien Lecornu
François Villeroy de Galhau et la dette française
Trois jours après la dégradation de la note de la dette française par Fitch, François Villeroy de Galhau a souligné la gravité du problème budgétaire. Selon lui, la crise politique a aggravé la situation et nécessite un plan solide pour réduire le déficit. L’objectif est fixé à 3 % du PIB en 2029, un cap qui impose une discipline stricte.
Le gouverneur de la Banque de France appelle à dépasser les querelles partisanes. Il demande un effort commun de toutes les institutions publiques et sociales. Les classes moyennes et les PME doivent être épargnées par ces ajustements.
Sébastien Lecornu et la préparation du budget
Sébastien Lecornu, nommé Premier ministre le 9 septembre, est le troisième chef de gouvernement en un an. Il mène actuellement des consultations pour préparer un budget susceptible d’éviter une nouvelle crise politique.
Le projet doit être présenté au Parlement avant la mi-octobre et adopté avant la fin de l’année. La pression est forte puisque les deux prédécesseurs de Lecornu ont été renversés. Le canevas élaboré par François Bayrou en juillet reste une base, mais François Villeroy de Galhau estime qu’il peut être amélioré.
Les mesures fiscales sur les hauts patrimoines
Interrogé sur la taxe dite « Zucman » réclamée par les socialistes, François Villeroy de Galhau a rappelé qu’il n’existe pas d’impôt indolore ni miraculeux. Il considère toutefois que des mesures anti-optimisation fiscale sur les très hauts patrimoines sont justifiées.
Ces dispositifs devraient durer jusqu’au retour du déficit sous 3 %. Le gouverneur insiste sur l’importance d’un effort équitablement ressenti par la population. Les classes moyennes doivent être protégées, tandis que les plus grandes fortunes supporteraient une part supplémentaire.
Prévisions de croissance de la Banque de France
La Banque de France a révisé lundi sa prévision de croissance pour 2025 à 0,7 %, contre 0,6 % auparavant. En 2024, la croissance s’établissait à 1,1 %. Le ralentissement est notable mais reste inférieur aux craintes initiales.
Selon l’institution, l’évolution économique devrait se dérouler en trois temps :
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Soutien par les variations de stocks au premier semestre 2025
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Mouvement de déstockage attendu au deuxième semestre
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Rebond des exportations dès le troisième trimestre
Les projections pour 2026 et 2027 sont revues en légère baisse à 0,9 % et 1,1 %. L’environnement international constitue un frein, notamment avec la hausse de l’euro, la baisse de la demande mondiale et un pétrole plus cher.
Tableau des prévisions macroéconomiques
| Année | Croissance du PIB (%) | Déficit public (%) | Observations |
|---|---|---|---|
| 2024 | 1,1 | 5,8 | Base de comparaison |
| 2025 | 0,7 (révisé) | 5,4 | Soutien par les stocks puis rebond des exportations |
| 2026 | 0,9 (révisé -0,1) | n.d. | Croissance modérée |
| 2027 | 1,1 (révisé -0,1) | n.d. | Accélération limitée |
| 2029 | n.d. | 3,0 (objectif) | Cible fixée par la Banque de France |
En conclusion, la Banque de France estime que la France peut stabiliser ses finances publiques malgré l’instabilité politique et la conjoncture internationale défavorable. L’accent est mis sur une discipline budgétaire stricte et sur une fiscalité plus équitable envers les plus grandes fortunes.
Source: 20 Minutes