Nicolas Sarkozy présenté comme le centre d’un pacte de corruption avec Mouammar Kadhafi
Le Parquet national financier a qualifié l’accord entre Nicolas Sarkozy et le dirigeant libyen de l’époque de “pacte de corruption inouï, inconcevable et indécent”. Dès l’ouverture des réquisitions, les magistrats ont présenté l’ancien chef d’État comme le principal décideur dans ce dispositif illégal. Selon eux, la campagne présidentielle victorieuse de 2007 aurait été en partie financée par des fonds en provenance de la Libye.
Les procureurs ont insisté sur le rôle central de Sarkozy, indiquant qu’il avait donné son accord préalable pour chaque dépense engagée. Il aurait validé les comptes de campagne en toute connaissance de cause. Le procureur Quentin Dandoy a déclaré que seules des peines de prison ferme et une lourde amende peuvent répondre à la gravité des faits.
Claude Guéant, Brice Hortefeux et Éric Woerth au cœur de l’enquête
Trois anciens proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy sont également visés par le réquisitoire. Le parquet a demandé des condamnations contre :
1. Claude Guéant, ex-bras droit de Sarkozy, pour corruption et complicité de financement illégal.
2. Brice Hortefeux, ancien ministre, accusé d’avoir participé à la mise en œuvre du pacte de corruption.
3. Éric Woerth, ex-trésorier de la campagne, pour recel de fonds libyens utilisés durant la campagne.
Les déplacements en Libye de Guéant et Hortefeux, en octobre et décembre 2005, sont au centre de cette accusation. L’argent libyen aurait transité par Claude Guéant, remis à Éric Woerth, puis utilisé directement dans les dépenses électorales.
Une série de procès pour l’ancien président de la République
Ce procès n’est pas un cas isolé dans le parcours judiciaire de Nicolas Sarkozy. Il s’agit de son cinquième en cinq ans. En décembre, il a été définitivement condamné dans l'affaire des écoutes téléphoniques, connue sous le nom de "Bismuth", et porte depuis février un bracelet électronique.
L’accusation rappelle que “derrière l’image d’homme d’État se dessine celle d’un homme poussé par une ambition personnelle dévorante”. Le procureur Dandoy a souligné que cette ambition aurait conduit Sarkozy à transgresser les principes de probité et d’honnêteté. Mercredi, l’ancien président a saisi la Cour européenne des droits de l’homme.
Des peines sévères requises pour un ancien chef d’État
Le parquet a requis 7 ans d’emprisonnement, une amende de 300 000 euros et une peine d’inéligibilité contre Nicolas Sarkozy. Ces réquisitions interviennent alors que le procès se poursuit devant le tribunal correctionnel de Paris. Le verdict, attendu dans les mois à venir, pourrait marquer un tournant décisif pour l’ancien président et ses soutiens politiques.
Les faits reprochés concernent l’intégrité des institutions démocratiques, la légalité du financement politique et la responsabilité des plus hauts représentants de l’État.
Source: Franceinfo